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L’exposition 2026 du Prix Photo Sociale inaugurée à Toulouse

© François Le Guen / La longue saison. Lauréat 2026 du Grand Prix Photo Sociale

On retrouvera les séries lauréates du Prix Photo Sociale 2026 à partir du 11 septembre au Château d’Eau de Toulouse. L’exposition sera également présentée au public parisien fin novembre. Cette année, ce sont trois photographes qui ont été primés par un jury présidé par Valérie Jouve. François Le Guen remporte le Grand Prix avec sa série La longue saison qui documente le quotidien de personnes exclues. Naïma Lecomte reçoit le Prix Spécial du Jury et Valérie Horwitz le Prix Nouveau Regard Photo Sociale.


Type de fabrication : Tirages Fine Art sur papier Hahnemühle Rag 308g et encadrement Nielsen alpha wenge & Nielsen natura 34 wengé foncé (François Le Guen).
Tirages Fine Art sur papier Hahnemühle ultra smooth, contrecollage PVC avec encadrement Nielsen alpha chêne et impressions encres résine sur papier intissé (Naïma Lecomte).
Tirages Fine Art sur papier Canson Rag photographique, contrecollage Dibond 2mm avec barres d’accrochage alu et impressions encres résine sur papier intissé (Valérie Horwitz).
Le laboratoire Picto aide les photographes professionnels pour la réalisation de leurs expositions, des tirages à l’accrochage, en passant par les finitions et l’encadrement.


François Le Guen, lauréat du Grand Prix Photo Sociale 2026
« La longue saison »

Quelque part en Provence, un hameau isolé abrite une communauté offrant refuge à des parcours de vie fragilisés ou marginalisés : personnes en rupture sociale ou personnelle, en sevrage, sans abri, ou en errance de longue durée. Ce lieu constitue une forme d’abri lorsque toute autre alternative semble compromise. L’accueil y est inconditionnel, sans limite de temps.
Depuis plus de cinquante ans, celles et ceux qui s’y arrêtent reconstruisent le lieu à mesure qu’ils se reconstruisent eux-mêmes. La diversité des âges, des origines et des parcours se fond dans l’effort collectif. Chacun oeuvre de ses mains à son propre équilibre et à celui du groupe : travaux agricoles et forestiers, tâches d’intendance, vie communautaire. Saison après saison, certains repartent, d’autres restent ou reviennent, portés par le désir de transmettre ce qui les a sauvés.
Cette série photographique est le fruit d’un travail mené entre 2023 et 2026 au sein de la communauté. Les images y circulent : elles sont vues, discutées, conservées, envoyées à des proches. Lorsque l’anonymat est souhaité, il ouvre une réflexion partagée autour du portrait.
Les témoignages recueillis occupent une place dans le projet éditorial à venir. Ils entrent en résonance avec les photographies, révélant autant les enjeux personnels que les tensions et les forces qui animent cette microsociété.
« Ecorchés. On est tous écorchés. On doit trouver le moyen d’aller de l’avant, comme ‘L’Homme qui marche ’de Giacometti… Même s’il a des jambes très frêles, il avance, il continue d’avancer. » M.
La Longue Saison est le récit photographique de cette quête de reconstruction collective : un témoignage de ce qui se joue ici, en marge des institutions, où chacun tente de retrouver une présence à soi et au monde.

Naïma Lecomte, lauréate du Prix Spécial du Jury 2026
« Faucon »

© Naïma Lecomte / Faucon

Depuis 2022, la photographe se rend régulièrement à la Bergerie de Faucon, un lieu qui accueille sept adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Beaucoup ont connu des parcours instables, entre placements successifs et ruptures.
À Faucon, ils trouvent un cadre stable, rythmé par la ferme pédagogique créée par Guy Gilbert dans les années soixante-dix. Avec ses cent animaux, elle structure le quotidien et invite à prendre soin de l’autre, à se responsabiliser et se reconstruire. Et souvent, quand la relation aux adultes est abîmée ou compliquée, ce lien plus simple avec les animaux permet de recréer quelque chose, doucement.
Le travail de Naïma Lecomte se concentre sur le quotidien des jeunes, les gestes, les regards et les moments en creux. La photographie vient alors comme un léger arrêt dans le rythme du quotidien, une façon de prendre le temps. Loin de retracer leur histoire ou de documenter le foyer de manière exhaustive, la photographe s’attache à ces moments d’attention, de doute ou de confiance, où l’identité de chacun se construit au fil des jours.
Les images circulent aussi dans le lieu de vie : imprimées dans les chambres ou dans les carnets de chacun, elles deviennent des traces concrètes de leur quotidien et des moments partagés. Elles offrent un autre regard sur eux-mêmes, en dehors des récits négatifs qui les précèdent, et accompagnent discrètement le travail éducatif.
Les images ont été réalisées au lieu de vie dans les Gorges du Verdon et au Maroc pendant un séjour de rupture de deux semaines.
Cette série a été finaliste du Prix Révélation SAIF × La Kabine (2024) et du PhMuseum Women Photographers Grant (2023) et a reçu une mention honorable au Prix Émergence Photographie Documentaire de la Lucie Foundation (2023). Ce travail a également bénéficié du soutien de la DRAC PACA à travers le dispositif Rouvrir le Monde en 2022 et 2023.

Valérie Horwitz, lauréate du Prix Nouveau Regard Photo Sociale 2026
« Between »

© Valérie Horwitz / In Between

Cette série est un travail avec et sur des jeunes filles mineures dans deux centres pénitentiaires en France. La maison d’arrêt et la prison sont des lieux où presque tous les mouvements sont suspendus ; où les droits et les possibles sont réduits. Ces institutions, outre leurs missions affichées de normalisation et de réinsertion, ont aussi pour fonction tacite d’exclure ces personnes de nos sociétés et de nos regards. Pour être active, Valérie Horwitz aime à rappeler Foucault qui indique que « la prison transforme une personne en type d’individu » : un délinquant et un numéro d’écrou.
Pour être photographiées, ces personnes ne doivent être ni identifiables, ni reconnaissables. Seuls leurs corps peuvent manifester, signifier ou témoigner de ce que la prison fait au corps et à l’esprit. Il y a là une suspension du droit à l’image contre leur volonté et par extension, du droit de s’appartenir.
Ce projet, constitué en deux volets, a été réalisé au centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille et à l’Etablissement pour mineurs (EPM) mixte de Lavaur 1. Dans ces lieux construits pour contraindre, la photographe tente de créer des espaces d’expression et de liberté ; des espaces physiques et psychiques de résistances. Ces images naissent d’une collaboration où elles témoignent de manière directe et singulière, par un geste ou une suite de gestes, de ce que la prison fait au corps et à l’esprit.
Valérie Horwitz indique que, « à travers ce projet, je propose des représentations de leurs mondes, là où nos inconscients collectifs se construisent par le biais d’images dominantes (médias, fiction, films & discours politiques…). À ces photographies s’ajoutent du texte, car si l’image donne à voir, le texte donne à entendre ».
Ce travail a été réalisé avec le soutien du CNAP pour la photographie documentaire. Le premier opus a été édité par Owl’s éditions. Enfin, une résidence à La compagnie (lieu de création à Marseille) lui a permis de travailler sur la mise en espace de ces images et sur la relation d’échelles des tirages entre eux.
Le centre pénitentiaire des Baumettes peut accueillir 672 personnes majeures, dont 9 places sont réservées aux filles mineures. L’Etablissement pour mineurs (EPM) mixte de Lavaur accueille 50 jeunes dont 5 filles.


• Date : Du 11 septembre au 4 octobre 2026
Lieu : Galerie Le Château d’Eau
1 Place Laganne
31300 Toulouse
Date : Du 27 novembre 2026 au 8 janvier 2027
Mairie du Xème arrondissement de Paris
72 Rue du Faubourg Saint-Martin
75010 Paris
https://www.loeilsensible.org