Jean-Baptiste Nataf, au seuil de l’invisible

Le photographe Jean-Baptiste Nataf expose ses photographies au Cloître des Billettes à Paris du 2 au 14 juin. “Variations en Sol et Contre-sol” réunit une sélection de tirages réalisés par les soins du laboratoire Picto. L’exposition prend pour point de départ une phrase de Jean Giono : « Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière, l’ombre n’est qu’un attrape-nigaud. » C’est cette intuition que Jean-Baptiste Nataf explore à travers sa série où se loge le mystère, dans l’éclat des hautes lumières ou dans les ombres qu’elles dessinent.
Type de fabrication : Tirages jet d’encre sur papier Hahnemühle photo rag metallic et Hahnemühle Museum Etching Rag 350. Contrecollage sur dibond 2mm.
Le laboratoire Picto aide les photographes professionnels pour la réalisation de leurs expositions, des tirages à l’accrochage, en passant par les finitions et l’encadrement.
Généralement on associe la nuit, et plus généralement l’ombre, au mystère. Cela a inspiré de nombreux titres dans différents domaines de l’art. Peut-être parce que, dans l’ombre, on ne peut pas tout distinguer aussi bien qu’en pleine lumière, peut-être cache-t-elle un danger, peut-être quelque chose qui a rapport avec la mort, et la mort, comme la vie, sont les mystères qui hantent le plus les êtres humains.
L’écrivain Jean Giono conteste cette association du mystère avec l’ombre. Dans son roman “Ennemonde et autres caractères” il écrit : “Quand les mystères sont très malins ils se cachent dans la lumière, l’ombre n’est qu’un attrape nigaud”.
Cette phrase a intrigué Pierre Lhoste, et dans son entretien avec Jean Giono sur France Culture, le 3 avril 1968, il l’interroge à ce sujet.
Jean Giono explicite alors :
“Généralement, on croit que le mystère est fait par de l’ombre et non par l’excès de lumière. L’excès de lumière c’est également du mystère. Si vous avez l’occasion de voir dans un pays du sud, un jour de grand soleil, vous verrez que, si le soleil est véritablement très ardent, vous verrez que c’est très mystérieux, beaucoup plus mystérieux que l’ombre. La lumière est très mystérieuse quand elle est éclatante.”
La série de photographies que j’ai intitulée “Variations en Sol et Contre sol”, tente d’explorer ce sujet.
Où est le mystère ? Peut-il y avoir du mystère dans les hautes lumières, y a-t-il du mystère dans les ombres qu’elles créent, peut-il y avoir du mystère même quand la lumière faiblit ? La photographie ajoute-t-elle du mystère au mystère ?
A vous de voir.
• Date : Du 2 au 14 juin 2026
• Lieu : Cloître des Billettes
24 Rue des Archives
75004 Paris
https://jbnataf.net/


